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Œuvres complètes, Tome 3 (incl. Le Tartuffe)

Chapter 30 of 31

Œuvres complètes, Tome 3 — Partie 30

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en affranchir; Et, pour sortir d'affaire, il faut que je l'assomme. CLÉANTE. Voilà tout justement parler en vrai jeune homme, Modérez, s'il vous plaît, ces transports éclatans. Nous vivons sous un règne et sommes dans un temps Où par la violence on fait mal ses affaires. SCÈNE III.--MADAME PERNELLE, ORGON, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE. MADAME PERNELLE. Qu'est-ce? J'apprends ici de terribles mystères! ORGON. Ce sont des nouveautés dont mes yeux sont témoins; Et vous voyez le prix dont sont payés mes soins. Je recueille avec zèle un homme en sa misère, Je le loge, et le tiens comme mon propre frère; De bienfaits chaque jour il est par moi chargé; Je lui donne ma fille et tout le bien que j'ai: Et, dans le même temps, le perfide, l'infâme, Tente le noir dessein de suborner ma femme; Et, non content encor de ses lâches essais, Il m'ose menacer de mes propres bienfaits, Et veut, à ma ruine, user des avantages Dont le viennent d'armer mes bontés trop peu sages, Me chasser de mes biens où je l'ai transféré, Et me réduire au point d'où je l'ai retiré! DORINE. Le pauvre homme! MADAME PERNELLE. Mon fils, je ne puis du tout croire Qu'il ait voulu commettre une action si noire. ORGON. Comment! MADAME PERNELLE. Les gens de bien sont enviés toujours. ORGON. Que voulez-vous donc dire avec votre discours, Ma mère? MADAME PERNELLE. Que chez vous on vit d'étrange sorte, Et qu'on ne sait que trop la haine qu'on lui porte. ORGON. Qu'a cette haine à faire avec ce que l'on dit? MADAME PERNELLE. Je vous l'ai dit cent fois quand vous étiez petit: La vertu dans le monde est toujours poursuivie; Les envieux mourront, mais non jamais l'envie. ORGON. Mais que fait ce discours aux choses d'aujourd'hui? MADAME PERNELLE. On vous aura forgé cent sots contes de lui. ORGON. Je vous ai dit déjà que j'ai vu tout moi-même. MADAME PERNELLE. Des esprits médisans la malice est extrême. ORGON. Vous me feriez damner, ma mère! Je vous di Que j'ai vu de mes yeux un crime si hardi. MADAME PERNELLE. Les langues ont toujours du venin à répandre, Et rien n'est ici-bas qui s'en puisse défendre. ORGON. C'est tenir un propos de sens bien dépourvu. Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, Ce qu'on appelle vu. Faut-il vous le rebattre Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre? MADAME PERNELLE. Mon Dieu! le plus souvent l'apparence déçoit. Il ne faut pas toujours juger sur ce qu'on voit. ORGON. J'enrage! MADAME PERNELLE. Aux faux soupçons la nature est sujette, Et c'est souvent à mal que le bien s'interprète. ORGON. Je dois interpréter à charitable soin Le désir d'embrasser ma femme! MADAME PERNELLE. Il est besoin, Pour accuser les gens, d'avoir de justes causes; Et vous deviez attendre à vous voir sûr des choses. ORGON. Eh? diantre! le moyen de m'en assurer mieux? Je devais donc, ma mère, attendre qu'à mes yeux Il eût... Vous me feriez dire quelque sottise. MADAME PERNELLE. Enfin d'un trop pur zèle on voit son âme éprise; Et je ne puis du tout me mettre dans l'esprit Qu'il ait voulu tenter les choses que l'on dit. ORGON. Allez, je ne sais pas, si vous n'étiez ma mère, Ce que je vous dirois, tant je suis en colère! DORINE, à Orgon. Juste retour, monsieur, des choses d'ici-bas: Vous ne vouliez point croire, et l'on ne vous croit pas. CLÉANTE. Nous perdons des momens en bagatelles pures, Qu'il faudroit employer à prendre des mesures: Aux menaces du fourbe on doit ne dormir point. DAMIS. Quoi! son effronterie iroit jusqu'à ce point? ELMIRE. Pour moi, je ne crois pas cette instance possible, Et son ingratitude est ici trop visible. CLÉANTE, à Oronte. Ne vous y fiez pas: il aura des ressorts Pour donner contre vous raison à ses efforts; Et sur moins que cela le poids d'une cabale Embarrasse les gens dans un fâcheux dédale. Je vous le dis encore: armé de ce qu'il a, Vous ne deviez jamais le pousser jusque-là. ORGON. Il est vrai; mais qu'y faire? A l'orgueil de ce traître, De mes ressentimens je n'ai pas été maître. CLÉANTE. Je voudrois de bon cœur qu'on pût entre vous deux De quelque ombre de paix raccommoder les nœuds. ELMIRE. Si j'avois su qu'en main il a de telles armes, Je n'aurois pas donné matière à tant d'alarmes; Et mes... ORGON, à Dorine, voyant entrer M. Loyal. Que veut cet homme? Allez tôt le savoir Je suis bien en état que l'on me vienne voir! SCÈNE IV.--ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRE, MARIANE, CLÉANTE, DAMIS, DORINE. M. LOYAL. M. LOYAL, à Dorine, dans le fond du théâtre. Bonjour, ma chère sœur; faites, je vous supplie, Que je parle à monsieur. DORINE. Il est en compagnie, Et je doute qu'il puisse à présent voir quelqu'un. M. LOYAL. Je ne suis pas pour être en ces lieux importun Mon abord n'aura rien, je crois, qui lui déplaise; Et je viens pour un fait dont il sera bien aise. DORINE. Votre nom? M. LOYAL. Dites-lui seulement, que je vien De la part de monsieur Tartuffe, pour son bien. DORINE, à Orgon. C'est un homme qui vient, avec douce manière, De la part de monsieur Tartuffe, pour affaire Dont vous serez, dit-il, bien aise. CLÉANTE, à Orgon. Il vous faut voir Ce que c'est que cet homme, et ce qu'il peut vouloir. ORGON, à Cléante. Pour nous raccommoder il vient ici peut-être: Quels sentimens aurai-je à lui faire paroître? CLÉANTE. Votre ressentiment ne doit point éclater; Et, s'il parle d'accord, il le faut écouter. M. LOYAL, à Orgon. Salut, monsieur. Le ciel perde qui vous veut nuire, Et vous soit favorable autant que je désire! ORGON, bas, à Cléante. Ce doux début s'accorde avec mon jugement, Et présage déjà quelque accommodement. M. LOYAL. Toute votre maison m'a toujours été chère, Et j'étois serviteur de monsieur votre père. ORGON. Monsieur, j'ai grande honte et demande pardon D'être sans vous connoître ou savoir votre nom. M. LOYAL. Je m'appelle Loyal, natif de Normandie, Et suis huissier à verge, en dépit de l'envie, J'ai, depuis quarante ans, grâce au ciel, le bonheur D'en exercer la charge avec beaucoup d'honneur; Et je vous viens, monsieur, avec votre licence, Signifier l'exploit de certaine ordonnance... ORGON. Quoi! vous êtes ici... M. LOYAL. Monsieur, sans passion. Ce n'est rien seulement qu'une sommation. Un ordre de vider d'ici, vous et les vôtres, Mettre vos meubles hors, et faire place à d'autres. Sans délai ni remise, ainsi que besoin est. ORGON. Moi! sortir de céans? M. LOYAL. Oui, monsieur, s'il vous plaît La maison à présent, vous le savez de reste, Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste. De vos biens désormais il est maître et seigneur, En vertu d'un contrat duquel je suis porteur. Il est en bonne forme, et l'on n'y peut rien dire. DAMIS, à M. Loyal. Certes, cette impudence est grande et je l'admire! M. LOYAL, à Damis. Monsieur, je ne dois point avoir affaire à vous; Montrant Orgon. C'est à monsieur; il est et raisonnable et doux, Et d'un homme de bien il sait trop bien l'office, Pour se vouloir du tout opposer à justice. ORGON. Mais... M. LOYAL. Oui, monsieur, je sais que pour un million Vous ne voudriez pas faire rébellion, Et que vous souffrirez en honnête personne Que j'exécute ici les ordres qu'on me donne. DAMIS. Vous pourriez bien ici sur votre noir jupon, Monsieur l'huissier à verge, attirer le bâton. M. LOYAL, à Orgon. Faites que votre fils se taise ou se retire, Monsieur. J'aurois regret d'être obligé d'écrire, Et de vous voir couché dans mon procès-verbal. DORINE, à part. Ce monsieur Loyal porte un air bien déloyal. M. LOYAL. Pour tous les gens de bien j'ai de grandes tendresses, Et ne me suis voulu, monsieur, charger des pièces, Que pour vous obliger et vous faire plaisir; Que pour ôter par là le moyen d'en choisir Qui, n'ayant pas pour vous le zèle qui me pousse, Auroient pu procéder d'une façon moins douce. ORGON. Et que peut-on de pis que d'ordonner aux gens De sortir de chez eux? M. LOYAL. On vous donne du temps; Et jusques à demain je ferai surséance A l'exécution, monsieur, de l'ordonnance. Je viendrai seulement passer ici la nuit Avec dix de mes gens, sans scandale et sans bruit. Pour la forme il faudra, s'il vous plaît, qu'on m'apporte, Avant que se coucher, les clefs de votre porte. J'aurai soin de ne pas troubler votre repos, Et de ne rien souffrir qui ne soit à propos. Mais demain, du matin, il vous faut être habile[169] A vider de céans jusqu'au moindre ustensile. Mes gens vous aideront; et je les ai pris forts Pour vous faire service à tout mettre dehors. On n'en peut pas user mieux que je fais, je pense; Et, comme je vous traite avec grande indulgence, Je vous conjure aussi, monsieur, d'en user bien, Et qu'au dû de ma charge on ne me trouble en rien. ORGON, à part. Du meilleur de mon cœur je donnerois, sur l'heure, Les cent plus beaux louis de ce qui me demeure, Et pouvoir, à plaisir, sur ce mufle asséner Le plus grand coup de poing qui se puisse donner. CLÉANTE, bas à Orgon. Laissez, ne gâtons rien. DAMIS. A cette audace étrange, J'ai peine à me tenir, et la main me démange. DORINE. Avec un si bon dos, ma foi! monsieur Loyal, Quelques coups de bâton ne vous siéroient pas mal. M. LOYAL. On pourroit bien punir ces paroles infâmes, Ma mie; et l'on décrète aussi contre les femmes. CLÉANTE, à M. Loyal. Finissons tout cela, monsieur; c'en est assez. Donnez tôt ce papier, de grâce, et nous laissez. M. LOYAL. Jusqu'au revoir. Le ciel vous tienne tous en joie! ORGON. Puisse-t-il te confondre, et celui qui t'envoie! [169] Pour: prompt, actif. Du latin, _habilitas_. SCÈNE V.--ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE. ORGON. Eh bien, vous le voyez, ma mère, si j'ai droit; Et vous pouvez juger du reste par l'exploit. Ses trahisons enfin vous sont-elles connues? MADAME PERNELLE. Je suis tout ébaubie, et je tombe des nues! DORINE, à Orgon. Vous vous plaignez à tort, à tort vous le blâmez, Et ses pieux desseins par là sont confirmés. Dans l'amour du prochain sa vertu se consomme: Il sait que très-souvent les biens corrompent l'homme, Et, par charité pure, il veut vous enlever Tout ce qui vous peut faire obstacle à vous sauver. ORGON. Taisez-vous! C'est le mot qu'il vous faut toujours dire. CLÉANTE, à Orgon. Allons voir quel conseil on doit vous faire élire. ELMIRE. Allez faire éclater l'audace de l'ingrat. Ce procédé détruit la vertu du contrat: Et sa déloyauté va paroître trop noire, Pour souffrir qu'il en ait le succès qu'on veut croire. SCÈNE VI.--VALÈRE, ORGON, MADAME PERNELLE, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, DAMIS, DORINE. VALÈRE. Avec regret, monsieur, je viens vous affliger; Mais je m'y vois contraint par le pressant danger. Un ami, qui m'est joint d'une amitié fort tendre, Et qui sait l'intérêt qu'en vous j'ai lieu de prendre, A violé pour moi, par un pas[170] délicat, Le secret que l'on doit aux affaires d'État, Et me vient d'envoyer un avis dont la suite Vous réduit au parti d'une soudaine fuite. Le fourbe qui longtemps a pu vous imposer Depuis une heure au prince a su vous accuser, Et remettre en ses mains, dans les traits qu'il vous jette, D'un criminel d'État l'importante cassette, Dont, au mépris, dit-il, du devoir d'un sujet Vous avez conservé le coupable secret. J'ignore le détail du crime qu'on vous donne; Mais un ordre est donné contre votre personne; Et lui-même est chargé, pour mieux l'exécuter, D'accompagner celui qui vous doit arrêter. CLÉANTE. Voilà ses droits armés; et c'est par où le traître De vos biens qu'il prétend cherche à se rendre maître. ORGON. L'homme est, je vous l'avoue, un méchant animal! VALÈRE. Le moindre amusement vous peut être fatal. J'ai, pour vous emmener, mon carrosse à la porte, Avec mille louis qu'ici je vous apporte. Ne perdons point de temps: le trait est foudroyant; Et ce sont de ces coups que l'on pare en fuyant. A vous mettre en lieu sûr je m'offre pour conduite, Et veux accompagner jusqu'au bout votre fuite. ORGON. Las! que ne dois-je point à vos soins obligeans? Pour vous en rendre grâce, il faut un autre temps; Et je demande au ciel de m'être assez propice Pour reconnoître un jour ce généreux service. Adieu. Prenez le soin, vous autres... CLÉANTE. Allez tôt; Nous songerons, mon frère, à faire ce qu'il faut. [170] Pour: démarche. Archaïsme et licence considérable. SCÈNE VII.--TARTUFFE, UN EXEMPT, MADAME PERNELLE, ORGON, ELMIRE, CLÉANTE, MARIANE, VALÈRE, DAMIS, DORINE. TARTUFFE, arrêtant Orgon. Tout beau, monsieur, tout beau! ne courez point si vite: Vous n'irez pas fort loin pour trouver votre gîte; Et, de la part du prince, on vous fait prisonnier. ORGON. Traître! tu me gardois ce trait pour le dernier: C'est le coup, scélérat, par où tu m'expédies; Et voilà couronner toutes tes perfidies! TARTUFFE. Vos injures n'ont rien à me pouvoir aigrir; Et je suis, pour le ciel, appris à tout souffrir. CLÉANTE. La modération est grande, je l'avoue. DAMIS. Comme du ciel l'infâme impudemment se joue! TARTUFFE. Tous vos emportemens ne sauroient m'émouvoir, Et je ne songe à rien qu'à faire mon devoir. MARIANE. Vous avez de ceci grande gloire à prétendre; Et cet emploi pour vous est fort honnête à prendre. TARTUFFE. Un emploi ne sauroit être que glorieux, Quand il part du pouvoir qui m'envoie en ces lieux. ORGON. Mais t'es-tu souvenu que ma main charitable, Ingrat! t'a retiré d'un état misérable? TARTUFFE. Oui, je sais quels secours j'en ai pu recevoir: Mais l'intérêt du prince est mon premier devoir. De ce devoir sacré la juste violence Étouffe dans mon cœur toute reconnoissance; Et je sacrifierois à de si puissans nœuds Ami, femme, parens, et moi-même avec eux. ELMIRE. L'imposteur! DORINE. Comme il sait, de traîtresse manière, Se faire un beau manteau de tout ce qu'on révère! CLÉANTE. Mais, s'il est si parfait que vous le déclarez, Ce zèle qui vous pousse et dont vous vous parez, D'où vient que, pour paroître, il s'avise d'attendre Qu'à poursuivre sa femme il ait su vous surprendre, Et que vous ne songez à l'aller dénoncer Que lorsque son honneur l'oblige à vous chasser? Je ne vous parle point, pour devoir en distraire, Du don de tout son bien qu'il venoit de vous faire; Mais, le voulant traiter en coupable aujourd'hui, Pourquoi consentiez-vous à rien prendre de lui? TARTUFFE, à l'exempt. Délivrez-moi, monsieur, de la criaillerie; Et daignez accomplir votre ordre, je vous prie. L'EXEMPT. Oui, c'est trop demeurer, sans doute, à l'accomplir; Votre bouche à propos m'invite à le remplir: Et, pour l'exécuter, suivez-moi tout à l'heure Dans la prison qu'on doit vous donner pour demeure. TARTUFFE. Qui? moi, monsieur? L'EXEMPT. Oui, vous. TARTUFFE. Pourquoi donc la prison? L'EXEMPT. Ce n'est pas vous à qui j'en veux rendre raison. A Orgon. Remettez-vous, monsieur, d'une alarme si chaude: Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs. Et que ne peut tromper tout l'art des imposteurs. D'un fin discernement sa grande âme pourvue Sur les choses toujours jette une droite vue; Chez elle jamais rien ne surprend trop d'accès, Et sa ferme raison ne tombe en nul excès. Il donne aux gens de bien une gloire immortelle: Mais sans aveuglement il fait briller ce zèle, Et l'amour pour les vrais ne ferme point son cœur A tout ce que les faux doivent donner d'horreur. Celui-ci n'étoit pas pour le pouvoir surprendre, Et de piéges plus fins on le voit se défendre. D'abord il a percé, par ses vives clartés, Des replis de son cœur toutes les lâchetés. Venant vous accuser, il s'est trahi lui-même, Et, par un juste trait de l'équité suprême, S'est découvert au prince un fourbe renommé, Dont sous un autre nom il étoit informé; Et c'est un long détail d'actions toutes noires Dont on pourroit former des volumes d'histoires. Ce monarque, en un mot, a vers vous détesté[171] Sa lâche ingratitude et sa déloyauté. A ces autres horreurs il a joint cette suite, Et ne m'a jusqu'ici soumis à sa conduite Que pour voir l'impudence aller jusques au bout, Et vous faire, par lui, faire raison de tout. Oui, de tous vos papiers, dont il se dit le maître, Il veut qu'entre vos mains je dépouille le traître. D'un souverain pouvoir, il brise les liens Du contrat qui lui fait un don de tous vos biens. Et vous pardonne enfin cette offense secrète Où vous a d'un ami fait tomber la retraite; Et c'est le prix qu'il donne au zèle qu'autrefois On nous vit témoigner en appuyant ses droits, Pour montrer que son cœur sait, quand moins on y pense, D'une bonne action verser la récompense; Que jamais le mérite avec lui ne perd rien; Et que, mieux que du mal, il se souvient du bien. DORINE. Que le ciel soit loué. MADAME PERNELLE. Maintenant je respire. ELMIRE. Favorable succès! MARIANE. Qui l'auroit osé dire? ORGON., à Tartuffe, que l'exempt emmène. Eh bien, te voilà, traître!... [171] Pour: a détesté sa lâche ingratitude envers vous. Inversion et apocope trop dures. SCÈNE VIII.--MADAME PERNELLE, ORGON, ELMIRE MARIANE, CLÉANTE, VALÈRE, DAMIS, DORINE. CLÉANTE. Ah! mon frère, arrêtez, Et ne descendez point à des indignités. A son mauvais destin laissez un misérable, Et ne vous joignez point au remords qui l'accable. Souhaitez bien plutôt que son cœur, en ce jour, Au sein de la vertu fasse un heureux retour; Qu'il corrige sa vie en détestant son vice, Et puisse du grand prince adoucir la justice; Tandis qu'à sa bonté vous irez, à genoux, Rendre ce que demande un traitement si doux. ORGON. Oui, c'est bien dit. Allons à ses pieds avec joie Nous louer des bontés que son cœur nous déploie; Puis, acquittés un peu de ce premier devoir, Aux justes soins d'un autre il nous faudra pourvoir, Et par un doux hymen couronner en Valère La flamme d'un amant généreux et sincère. FIN DU TARTUFFE. TABLE TROISIÈME ÉPOQUE (1664-1666). XV. 1664. Tartuffe, comédie. XVI. 1665. Don Juan, ou le Festin de pierre, comédie 1 XVII. 1665. L'Amour médecin, comédie-ballet 80 XVIII. 1666. Le Misanthrope, comédie 115 QUATRIÈME ÉPOQUE (1666-1667). XIX. 1666. Le Médecin malgré lui, comédie 192 XX. 1666. Mélicerte, ballet 245 XXI. 1666. La Pastorale comique, ballet 272 XXII. 1667. Le Sicilien, ou l'Amour peintre, comédie-ballet 282 * Le Tartuffe, ou l'Imposteur, comédie 309 FIN DE LA TABLE DU TROISIÈME VOLUME E. Colin.--Imprimerie de Lagny. * * * * * Liste des modifications: Don juan ou Le festin de Pierre: =============================== Page 7: «fortuue» remplacé par «fortune» (le favori de la fortune) Page 15: «ait» par «ai» (Vous savez que je vous ai dit) Page 42: «I» par «Il» (Il réchappa, n'est-ce pas?) Page 57: «paler» par «parler» (... qui demande à vous parler) Page 60: «flambleau» par «flambeau» (Allons, vite un flambeau) Page 71: «laisser» par «laissé» (laissé tomber les coups) Le Misanthrope: ============== Page 121: «ami» remplacé par «amie» (ARSINOÉ, amie